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Au rythme
des déluges - Note d'intention de Christophe Patris
Adaptation
cinématographique du premier roman de Patrick Lowie.
Au
Rythme des Déluges, c’est le Nocturne Indien d’Antonio Tabucchi qui
aurait été écrit par Fernando Pessoa : le personnage de Pedro est en
effet le digne héritier de ces voyageurs qui restent à terre en
regardant partir les autres. Il projette son illusoire évasion dans
l’écriture d’un carnet de voyage inventé, ne s'autorisant dès lors
aucun compagnon de route, et où Lisbonne prend l’allure d’un Goa
imaginaire, où chaque pas devient secrètement un départ possible.
Si
l’univers réaliste du roman de Patrick Lowie n’est pas sans rappeler
celui des Ragazzi et d'Accatone de Pasolini, c’est pourtant au cœur de
l’imagination fellinienne, de la magie que s’inscrit son histoire à
travers le scénario. Le film se situe dès lors clairement dans la
continuité du Réalisme Magique, forme plus que jamais incroyablement
moderne du cinéma belge et de son imaginaire.
En inscrivant délibérément l’action de ses films en France (Rendez-vous
à Bray), dans une Flandre sous le joug espagnol en pleine Renaissance
(L’œuvre au Noir), ou dans l’abstraction d’un pays imaginaire (Un soir,
un train), André Delvaux redéfinissait avec génie les frontières de
l’espace cinématographique de la Belgique.
La topographie du temps et des lieux dans les films de Delvaux oscille
en effet sans cesse entre la schizophrénie et l’imagination. Ce sont
les personnages qui (re-) créent les lieux où ils évoluent, tout en se
projetant sans cesse vers un ailleurs inaccessible, espérant y puiser
un peu d’identité. La Belgique y apparaît plus que jamais comme un pays
de frontières – à dépasser.
En
cela Au Rythme des Déluges, bien que se situant entre le Portugal et
l’Inde, est lui aussi un regard à la fois audacieux et magique sur
notre pays. Le personnage de Pedro est tiraillé entre deux réalités, à
la recherche d’une identité : le passé et le présent, l’ici et
l’ailleurs, le réel et l’imaginaire, l’enfance et l’âge adulte. Comme
la Belgique il restera à jamais « adolescent », en crise avec lui-même,
à la recherche de repères stables qu’il ne peut se construire qu’à
travers un insatiable imaginaire.
Pedro
est confronté à l'impossible choix qui rythme les histoires depuis la
nuit des temps : celui entre la vie et la mort. Suivant cette tradition
des récits antiques, le choix de Lisbonne comme théâtre de ses faits et
gestes s'impose comme capital dans la prédestination du héros :
Lisbonne est par excellence la ville des grands départs qui ont marqués
l'histoire, que ce soit vers l'Amérique... ou l'Inde. Comme si
l'histoire de Pedro ne pouvait s’inscrire que dans le prolongement du
destin de la ville.
Ma
relation avec Patrick Lowie est principalement épistolaire, comme celle
des deux héros, Pedro et Jack. Cette contrainte s'est rapidement
révélée comme une des principales forces du scénario en cours, parce
qu'elle impose une identification immédiate et totale aux personnages
du film. Ce n'est pas un hasard si j'ai fortement développé dans le
scénario l'opposition entre l'écriture du film de Jack et celle du
roman de Pedro. En l'absence de Jack, Pedro ne peut se fier qu'aux
quelques lettres reçues du bout du monde pour reconstruire la réalité.
En cela, Au rythme des Déluges n'est pas un film écrit à quatre mains :
si le roman de Patrick Lowie en est la source et le sang, le corps,
lui, n'existe que par moi et me ressemble comme un fils. Plutôt qu'une
adaptation du roman, mon film est une lecture du roman. Ecrit par
quelqu'un d'autre, il serait probablement fortement différent.
Depuis le premier jour Patrick Lowie me donne carte blanche et le film,
scène après scène, se transforme en une oeuvre bicéphale, mise en abîme
exemplaire de son sujet. Comme le film de Jack, mon film n'existe que
dans l'imaginaire de Patrick/Pedro. Mais comme le roman de Pedro,
l'évolution de mon récit n'est possible qu'en extrapolant et me
réappropriant les mots de Patrick/Jack. On sent que tu connais
Lisbonne, mais que tu n'es jamais allé en Inde, me disait Patrick
Lowie. Il s'agit d'un compliment magnifique, nullement d'un handicap.
Je n'aurais jamais pu toucher de plus près la réalité de Pedro : l'Inde
qu'il invente dans la seconde partie du film est mon Inde. Le film
qu'écrit Jack à travers l'imagination de Pedro dans le roman de Patrick
– est mon film.
Si
le cinéma contemporain s'est souvent engagé à peindre la complexité de
la réalité, il me semble pourtant que l’histoire de Pedro impose le
réel comme on s’est encore très peu risqué à le représenter jusqu’à
présent : la vie définie comme un ensemble de contradictions. Au Rythme
des Déluges s'inscrit dès lors dans la filiation immédiate de films
belges importants de ces quinze dernières années tels que Toto le
Héros, Ma vie en rose, ou encore la trilogie de Lucas Belvaux : Un
couple épatant, Cavale, Après la vie.
Christophe PATRIS, janvier 2007

Recherche
Producteur Désespérément
Cercasi produttore disperatamente
Version originale italienne -
sous-titres Français
Réalisé en 1987 - 16 mm -
Festival de Salsomaggiore - Festival de Roma Sapienza - Festival de
Bruxelles
Avec Frances Nacman, Paolo Cipriani, Amy Werba, Patrick
Lowie, Lucia Picaro, Renata Moro, Marco Tittoni, Grady Clarckson
Voici donc la version onirique d'un projet de long
métrage (Latin Rockers) jamais abouti. Recherche Producteur
Désespérément raconte l'histoire de Laurent, jeune prêtre belge en
doute face à son sacerdoce : Rome, la ville éternelle va lui aire
découvrir l'amour d'abord de Marie puis de David, jeune leader d'un
groupe de musique rock, les Latin Rockers. Mais David va se faire
flinguer par la police italienne pour ne pas avoir respecté certaines
injonctions. Laurent perd un amour et sa lumière. Dans ce
court-métrage, l'histoire de Laurent est racontée par le réalisateur
lui-même lors d'une émission radio "Recherche producteur Désespérément"
qui propose aux meteurs en scène de vendre leur "produit" en direct
dans l'espoir de trouver un producteur....
http://www.youtube.com/watch?v=3njaqfyK7O8
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Les scénarios
Boule de neige
Patrick Lowie & Tiago Vaz
Dieu et l'Ange
Jean-Baptiste Erreca
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