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pirate de Salé ! photos des Oudayas de
Rabat d'Hélène Decuyper et textes Patrick Lowie sera préfacé par
la Ministre de la Culture de la Communauté Française de Belgique, Mme
Fadila Laanan Ed. Biliki
Livres »
2009
Le printemps des chiens errants
Ed. Biliki

2008
Al ritmo dei diluvi
Ed. Biliki

2006
La tentation du lait et du miel (français-japonais-italien)
Ed. Biliki

2006
Le Plongeoir -
Ed.
Maesltröm

|
Patrick Lowie est un écrivain de langue
française traduit en italien, arabe, portugais, japonais, néerlandais,
espagnol, anglais, hindi et allemand.
Patrick
Lowie, votre quatrième roman « Le printemps des chiens errants » sort
en janvier 2009. Est-il dans la lignée des trois précédents ?
Non.
D'ailleurs, j'ai décidé de les appeler « La trilogie des illusions ».
Il y avait dans ces trois romans les parfums de la quête de soi, des
autres, des origines. L'illusion de rencontres impossibles mais
tellement belles et donc par définition tellement vraies. L'illusion de
croire qu'on peut planter des amandiers dans un désert (alors que j'ai
déjà vu des fontaines dans un désert). Le parfum des illusions. J'ai
présenté à mes lecteurs deux personnages principaux : Pedro, jeune
Portugais d'origine goanaise et Mehdi, fils adoptif de Pedro,
berbero-algero-marocain, que j'ai adoré présenté comme « L'enfant du
Kerala ». Ces trois livres sont trois parfums (j'insiste), alors que «
Le printemps des chiens errants » ne sent pas très bon.
Oui
mais on y retrouve tout de même ce mélange entre réalités et songes.
Cette même écriture atypique entre poésie, mots et belles phrases. Vos
livres sont des OVNIS dans le monde du livre. Sans vous demander des
références, d'où vous vient cette façon d'écrire ?
Naturellement.
Je lis beaucoup mes textes à voix haute. Je les corrige à l'oreille
comme si je corrigeais une partition musicale. Et comme je n'y connais
rien en musique, j'invente mon solfège grammaticale. Les virgules sont
pour mon écriture complètement obsolètes. Pour certains, j'en fais des
romans indigestes (ceux qui sont sourds) et pour les autres, c'est
clair qu'ils s'enchantent ! Je me souviens d'une critique niaise dans
le quotidien LE SOIR qui disait grosso modo à propos de mes livres
qu'inventer un style n'était pas donné à tout le monde. Je réponds
volontiers : le comprendre non plus.
Alors
voilà, la veine polémiste de Patrick Lowie qui n'hésite jamais à donner
des noms ou à critiquer un système. Lorsqu'on lit votre dernier roman,
on comprend que vous êtes un peu anarchiste quand même !
L'étiquette,
c'est comme le nom d'un peuple, on ne se la met jamais sois-même. On a
déjà essayé de me coller un nombre incalculable d'étiquettes :
anarchiste, gauchiste, fasciste, social-démocrate, ...
écrivain-voyageur, auteur de littérature gay, .... n'est-ce pas drôle ?
Pourquoi toutes ces étiquettes ? Pourquoi ne pas simplement parler de
mes livres plutôt que de leur apparence ? J'écris sans tabou, c'est
vrai. Je dis ce que je pense. Tout le monde ne le fait pas ?
Comment
est né « Le printemps des chiens errants » ?
C'est
un éditeur liégeois qui m'a contacté et qui m'a dit : écoute, tu
connais bien les rouages de l'édition belge. Pourquoi ne pas nous
écrire un essai sur ce thème ? J'ai accepté. En même temps, je n'ai pas
compris pourquoi ils m'ont conseillé de lire Petit déjeuner chez
Tiffany de Truman Capote en référence à ce qu'ils voulaient. J'ai lu ce
livre. Ca m'a plongé dans un monde qui n'était pas le mien et j'ai
adoré évidemment. Au fil de l'écriture je réalisais que d'écrire un
essai n'était pas la meilleure idée. Je restais bloqué sur des
comportements familiers, des gens que je voyais régulièrement et que je
ne parvenais pas à décrire. Mais j'ai compris que je devais en faire un
vrai roman comme un vrai film de Fellini. Et là, c'est devenu drôle.
Il
s'agit donc bien d'un roman ? Et pas d'un essai-fiction ?
C'est
un roman drôle et poétique. C'est l'histoire d'un éditeur
belgo-brésilien, Rogerio Veloso, qui gagne à l'Euro-Milliards
(peut-être en ancien francs belges) et qui décide de l'investir dans sa
petite maison d'édition qui devient en un jour plus importante que les
« éditions Luca Peggio ». Le livre est volontairement décousu
parce que le récit débute par la tentative de meurtre de Rogerio Veloso
et que tout est raconté par un homme luttant entre la vie et la mort
entre ses délires et la réalité.
J'ai
été frappé par la ressemblance vers la fin du récit avec « Le désert
des Tartares » de Dino Buzzati. Et ce personnage, presque militaire,
gardien du serpent de papier.... Abd El Ouders.
Oui,
le gardien du conformisme. Gardien qui ne garde plus rien puisque le
serpent a été déserté depuis belle lurette. Il me fait penser à ce
gardien de décors cinématographiques à Ouarzazate. Les décors de films
« peplums » utilisés sporadiquement mais gardés toute l'année. Abd El
Ouders est un personnage clé du roman puisqu'il semble manipuler tout
le monde avec une certaine facilité. Oui, Dino Buzzati que j'ai
beaucoup lu dans mon adolescence. J'ai tout lu de Buzzati.
On
pourrait vous faire le reproche que ce roman soit lié à un monde du
livre assez petit finalement. Pensez-vous que cela va intéresser le
grand public ?
Votre
question est étrange. Le monde du livre est le miroir de nos sociétés.
Il n'est ni mieux ni pire. On peut juste lui reprocher d'être sclérosé.
Le combat entre les hommes et les femmes dans ce monde est identique à
ce qu'il se passe dans la politique ou dans le monde des affaires....
et que souvent le combat y est pathétique voir mesquin. On y parle de
concurrence, d'argent, et les égos sont surdimensionnés. Mais c'est
surtout un livre à plusieurs degrés de lecture. On peut le lire comme
un polar drôle et ceux qui s'y reconnaîtront riront tout au temps
j'espère ! Ce n'est pas un livre contre tel ou tel éditeur.
Tous
les personnages sont reconnaissables en effet, il y en a qui pourtant
semble créé de toutes pièces, c'est celui de Rogerio Veloso, non ? Vous
n'êtes pas Brésilien que je sache !
En
y réfléchissant, c'est le 8 1/2 de Fellini auquel je fais finalement le
plus référence dans ce roman sans qu'il ait été pourtant construit en y
pensant. Rogerio Veloso, c'est Guido Anselmi, le personnage joué par
Marcello Mastroianni et qui était en fait Federico Fellini lui-même...
on pourrait dire que « Le printemps des chiens errants » est mon 3 ½
.... je ne suis pas en manque d'inspiration loin de là, mais je me suis
quand même posé la question à quoi cela servait d'écrire. Le destin
vous fait parfois jouer de vilains tours ! Comme éditeur, j'ai
découvert l'envers du décor qui n'est pas joli joli mais encore une
fois pas pire qu'ailleurs. Sauf que j'avais idéalisé l'édition. Rogerio
Veloso est entre la vie et la mort comme j'ai été hésitant entre tout
continuer ou tout arrêter. Se laisser battre pour passer à des choses
plus sérieuses ou se battre pour que de petites choses changent ? Guido
Anselmi passe son temps dans des thermes, moi dans mes rêves et mes
voyages passés. Un des personnages du film explique à Guido que le
cinéma est en retard de 50 ans sur les autres formes d'art. Je pense
que l'édition a un siècle de retard.
Propos
recueillis par Slimane
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Livres »
2005
La tentation du lait et du miel (français-arabe-portugais)
Ed. Biliki

2005
L'enfant du Kerala
Ed.
Bonobo

2003
La légende des amandiers en fleur
Ed.
Biliki
2000
Au rythme des déluges
Ed. Biliki

1995
Je suis héros positif
Ed. EL

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