L'enfant du Kerala

Ne soyons pas plus cupide que ce que dénonce ce livre exposant un capitalisme destructeur de races et fabriquant d’automates. Ce roman accuse des tortionnaires de manipulateurs lucides et les vérités d’utopies fléxibles.
Le petit ange du Kérala, lui, grandit en lutteur sans langue. Assoiffé de passages libérateurs, il voyage entre guerres et mémoires, si délicatement décrites dans ce roman en poésies sourdes, échappées d’un auteur qui scie ses phrases en allégories et narre ses récits en anachronismes. La guerre ravage l’Orient, l’Europe reçoit des fumées noires. Lowie assigne aux Crédibles, la puissance par définition et aux incrédibles le caractère d’usurpateurs d’une division faible et résignée. Le petit ange du Kérala, lui, marche le long des gares sanguinaires, dans les rues hostiles, il snife la vie comme certains snifent la coke. Amoureux transit, il s’éprend d’un jeune homme farouche, d’une femme possessive et d’un hidalgo nomade. Le petit ange du Kérala, lui, vient d’une terre où l’on plante des illusions, où les amants se cachent derrière les médinas pour corrompre leur tradition obsolète et raciste. Le songe circule dans ces lignes, amer tant les possibilités sont censurées doux tant les parfums nostalgiques ne sèchent pas jusqu’à ne jamais rendre l’humain conscient et rêveur telle une masse inerte remplie d’espoirs.


LE MAGUE.NET
27/12/2008
par Chiara Forza

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